Anna Akhmota

Publié aux Éditions de minuit en 1966 et traduit par Paul Valet, ce recueil n’avait jamais été publié en URSS. Paru à Munich en 1963 pour la première fois en langue russe par Tovarichtchestvo Zaroubiejnick Pissatielieï, ce dernier précise dans la préface que « Cette suite de poèmes nous est parvenue de Russie et nous la publions à l’insu de l’Auteur et sans son consentement ». Élevée dans les privilèges de l’intelligentsia Russe, tout près de la mer Baltique, Anna sera profondément marquée par la réalité de la guerre qui éclate en 1914 entre l’Allemagne et la Russie. Elle se sentira dès lors profondément attachée et solidaire à son peuple. Alors que beaucoup de ses amis désertent à l’étranger ou s’allient au nouveau régime, Anna reste et écrit. Lorsque son mari sera fusillé pour des activités qualifiées « d’anti-soviétiques », elle ne pourra plus rien publier pendant vingt ans. Son fils est arrêté en 1938 parce qu’il porte le nom de son père et enfermé. Commencera alors pour Anna des années de cauchemars dont chaque vers porte les traces. Malgré cela, Anna tient bon et réussi même à publier quelques uns de ses poèmes et une suite de textes inédits en 1940. La seconde guerre mondiale éclate alors qu’elle vit à Léningrad, ville qu’elle affectionne particulièrement et où elle assiste impuissante à son siège et ses bombardements. Elle y écrira l’un de ses plus beaux poèmes L’offensive (1942). Ses poèmes patriotiques vont avoir un grand retentissement en Russie. En 1946, période trouble de la Jdanovchtchina, de nouvelles persécutions ont lieu et Anna se voit interdire à nouveau le droit de publier sous prétexte que certains de ses poèmes seraient empreints d’occidentalisme. Son fils est libéré en 1956 après vingt ans de détention mais Anna ne trouvera jamais l’apaisement et continuera d’écrire comme un cri dédié à son peuple éprouvé par tant d’années de guerres.

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